Hello à tous,

Aujourd’hui j’ai décidé de vous rédiger cet article sur un sujet qui me tient particulièrement à coeur. Comme vous avez vu dans le titre on va parler de l’hémorragie de la délivrance. Je ne rédige pas du tout cet article pour vous faire peur mais plutôt pour vous raconter ce qui m’est arrivé, donc si vous des questions n’hésitez pas à me les laisser en commentaires.

Quand j’ai su que j’étais enceinte j’étais surprise mais heureuse. Ma grossesse s’est super bien passée jusqu’au Jour-J de l’accouchement. Je suis arrivée à l’hôpital, on m’a ausculté tout allait bien, c’était le travail qui commençait. On m’a fait marcher puis j’ai eut le droit à la péridurale. Mettant trop de temps à sortir, les médecins ont eu recours aux forceps. Et c’est là que tout a commencé à se gâter … Pour tout remettre dans le contexte, j’ai accouché à l’hôpital de Créteil. J’ai eu le droit à une dizaine de médecin autour de moi lors de l’accouchement : sage-femme, étudiante sage-femme, infirmière, étudiante infirmière, gynécologue, étudiant gynécologie… Bref, de quoi vous mettre à l’aise (ou pas).

Qu’est-ce que l’hémorragie de la délivrance ?

Dans le quart d’heure après l’expulsion du bébé, le placenta se décolle de la paroi utérine sous l’effet de nouvelles contractions. C’est la dernière étape de l’accouchement, que l’on appelle aussi délivrance. Elle s’accompagne toujours de légers saignements, stoppés par le travail de l’utérus qui, en se contractant, resserre les vaisseaux utéro-placentaires. Mais ces saignements sont parfois plus importants. Lorsque le volume de sang perdu dépasse 500 ml pendant les vingt-quatre heures qui suivent, on parle d’hémorragie de la délivrance.

Donc comme son nom l’indique l’hémorragie de la délivrance est une hémorragie (forte perte de sang) lors de la délivrance.
Selon le gynécologue qui m’a fait accoucher, l’hémorragie de la délivrance est assez rare et n’arrive qu’à 10% des accouchements. Mais il suffit d’en faire partie pour se rendre compte qu’aujourd’hui on peut encore mourir en donnant naissance à son petit bout de chou.
Après plus de 30min à pousser pour que ma Choupinette naisse, j’ai eu le droit aux forceps. Jusqu’ici tout allait bien, mon Jules est parti avec une infirmière pour s’occuper de notre princesse. Et là d’un coup j’entends les médecins se presser, des nouvelles personnes entrer dans la salle et surtout je me sentais fatiguée et je commençais à voir des étoiles qui brillaient tout autour de moi…

Pour tout vous dire, quand j’étais enceinte je me suis refusée de voir les émissions comme « Baby Boom » pour éviter de me faire de fausses peurs et puis je n’ai pas fait les cours de préparations à la naissance (Bouh c’est mal…) parce que dans un 1er temps, je n’avais tout simplement pas le temps … Les cours dans ma ville étaient le jeudi après-midi (or j’avais cours les jeudis et vendredis…) et puis aussi parce que je n’avais pas envie qu’on me prépare et qu’ensuite si ça ne se passait pas exactement comme vu lors des cours, je me serai mise à paniquer encore plus ! Mais la seule émission (vous me croirez ou pas) sur laquelle je suis tombée lors de ma grossesse était « Toute une histoire », qui parlait de l’hémorragie de la délivrance et une phrase m’avait particulièrement interpellée : « En France, des femmes meurent encore en donnant naissance »… Autant vous dire que quand les médecins m’ont dit que je faisait une hémorragie, je me suis dit ça y est je vais mourir … J’ai commencé à voir des étoiles, comme un malaise (normal : 12h de travail + O BicMac dans l’estomac + ma perte de sang = Gros malaise). Je dis alors à l’infirmière que j’ai envie de dormir, et on me réponds : « Allez-y dormez, vous devez être plus que fatiguée… » Sauf que je me suis dit que non, qu’il fallait pas … Sincèrement je me suis sentie partir … Mais la réalité a vite repris le dessus : étant un hôpital bourré de stagiaire, d’interne et de je ne sais pas trop quoi, le gynécologue qui demande à l’étudiant en gynécologie à combien il estime ma perte de sang et là j’entends que j’ai perdu 2L de sang … Ne m’y connaissant pas du tout (et puis surtout pas dans mon assiette) je demande au médecin si c’est grave et voilà sa réponse, qui ne m’a mais alors pas du tout rassuré, bien au contraire : »Ne vous inquiétez pas, vous avez 4L à 5L dans votre organisme », bref en gros je venais de perdre presque la moitié de mon sang. Quand ils m’ont transfusé du sang et que mon Jules a pu revenir, ils m’ont dit que si j’avais perdu encore 500mL je serai morte parce qu’à partir de 2,5L notre sang ne se régénère plus…

En tout cas, une fois que le sang a arrêté de couler (désolée pour ces détails croustillants), que mon Jules est revenu et que j’ai enfin pu passer du temps avec ma Choupinette, j’ai attendu toute la journée dans la salle de travail, sans aucune visite possible … Mes parents ont pu me voir que lorsqu’ils m’ont amené à ma chambre entre le couloir et ma chambre, je n’ai rien pu manger (je n’avais pas faim de toute façon) et le plus dur pour moi, ça été de laisser ma Choupinette à la nursery.

Toute la nuit, j’ai pleuré de douleur, de fatigue, de peur … Ayant également une épisiotomie, j’ai eu beaucoup de mal à trouver une position idéale pour dormir. Finalement je n’ai pas dormi en fait. Je me suis seulement endormie le lendemain une fois que j’avais ma Choupinette sur moi ! Cette nuit là, j’ai entendu un bébé pleurer et j’étais persuadée que c’était ma Choupinette et je ne pouvais rien faire. Le lendemain, quand l’infirmière est venue me l’apporter elle m’a avoué que c’était bien elle qui avait pleuré toute la nuit.
1er biberon, 1ère couche, 1er bain, 1ère tenue … C’est mon Jules qui s’en est occupé… ça aussi c’était bien dur. Comme j’avais perdu beaucoup de sang, j’étais encore trop faible pour pouvoir me lever, il faisait très chaud, je partageais ma chambre avec une autre maman et mon état ne s’améliorait pas. Dès qu’une chambre seule s’est libérée, on m’y a transférer et on m’a fait une cure de fer pour voir si je prenais des forces.

Le problème quand on ne peut pas se lever, c’est qu’on ne peut pas aller aux toilettes, on ne peut pas se laver … Et croyez moi quand on venait me rendre visite je n’étais pas forcément très à l’aise d’accueillir les gens avec mes cheveux tout gras et ultra enmêlés et ma poche d’urine cachée sous ma couverture. En tout cas, les infirmière et notamment une en particulier a été adorable avec moi, m’a aidé à me coiffer à au moins attacher mes cheveux. Je suis restée à l’hôpital une semaine tout pile, ma Choupinette était une « vieille » pour les infirmières qui ont l’habitude que les bébés partent au bout de 3j ! J’ai ensuite été suivie chez moi 2/3j par une infirmière pour vérifier que tout aille bien.

Une chose est sûre, malgré tous ces petits aléas, à chaque fois que j’y repense je me dis que j’ai beaucoup de chance d’être encore en vie surtout quand on sait que des femmes aujourd’hui meurent encore de ce genre d’hémorragie… Mais des fois mon Jules me dit ça serait bien un 2ème enfant, pour que ma Choupinette ne sois pas seule mais je pense qu’il ne se rend pas compte à quel point ça a été un traumatisme pour moi. A chaque fois que j’y repense, je me vois dans la salle de travail avec tellement de médicaments, transfusions, que j’avais plus de place dans mes bras, qui au bout de quelques jours étaient pleins de bleus. Que j’ai mis énormément de temps à me remettre, que j’ai failli mourir tout simplement… Bien sûr, étant fille unique je me suis sentie seule pendant une bonne partie de mon enfance, mais je pense que pour le moment c’est trop récent pour moi et que j’ai déjà beaucoup de chance d’être là et de profiter au maximum de ma Choupinette !