Bonsoir, 

Ce soir j’avais envie de partager avec vous mes petites pensées du moment … C’est des bribes d’un journal que j’ai commencé à rédiger sur mon ordinateur … ça va faire bientôt un an que je me questionne sur mon avenir, et je n’ai toujours pas de réponses …

doudou perdu

1.10.16 « J’ai des fois l’impression de me sentir incomprise. Tellement de choses se passent dans ma tête ces derniers temps, je me sens dépassée ! 

Finalement l’alternance que j’avais trouvé était beaucoup trop loin et j’ai pris la décision de ne pas commencer là-bas pour éviter de courir dans tous les sens.

Depuis que j’ai su ma grossesse, je me suis mise comme objectif de finir mes études pour avoir le plus de possibilités et de ressources pour élever ma fille. Cette année j’aurai du finir mon master, mais vous le savez, parce que je vous l’ai déjà raconté, l’année dernière et oui ça fera bientôt un an en décembre, que je me remet totalement en question. Est-ce vraiment la filière dans laquelle je veux évoluer ? Pourquoi être allée vers la communication ? Est-ce que ça me plait vraiment ? Est-ce que j’arriverai à allier ma vie professionnelle et personnelle ?

Je ne me suis jamais arrêtée malgré les rythmes effrénés : je suis passée de 2j d’écoles/3j d’entreprise à école le matin, entreprise l’après-midi, avec des compétitions toutes les 3 semaines… ça me plaisait, le challenge … Mais ça n’allait pas du tout avec ma vie personnelle, je faisais des fois des nuits blanches pour finir mes dossiers, bosser mes oraux … Et tout ça ce n’est rien comparé à ce que la vraie vie en agence de publicité peut être.

Pendant 4 ans, j’ai travaillé dans une petite agence, une agence plutôt atypique puisque nous ne faisions pas de compétitions, beaucoup de choses sont faites sans qu’on le sache, malgré que l’on soit une toute petite équipe … C’était bizarre mais d’un autre côté nous étions libres, pas besoin de donner trop de comptes à partir du moment où notre travail était (bien) fait. Et puis au fil des années, l’agence a perdu des clients dont le client sur lequel je travaillais. J’ai eu la chance qu’ils me gardent et que je puisse continuer mes études et surtout continuer à être payée … Mais au final, je ne faisais rien ou pas grand chose. C’est comme ça que l’idée du blog est venu : m’occuper et développer des compétences digitales que jamais j’aurai pu développer au sein de mon alternance comparé à mes copines qui n’étaient que stagiaires et qui pourtant en apprenait beaucoup plus que moi ! Pendant les entretiens quand on te demande « Alors en 4 ans, vous avez eu la possibilité d’évoluer? » … Euh bah non. En fait j’ai limite rétrogradé, puisque plus le temps passait et plus je n’avais plus rien à faire. Et beaucoup de personnes parlent de « Burn out », la dépression liée à la surcharge de travail. Mais il y a également le « Bore out » (je crois que c’est comme ça que se dit), une sorte de dépression parce qu’on culpabilise de déprimer alors qu’on a du travail, que des gens cherchent mais que nous on est payés à ne rien faire. On a l’impression d’être nulle, de ne servir à rien. Parce que je suis sûre que j’aurai pu aider à développer pleins de choses dans mon agence, seulement tout se passait là haut et rien en bas …

Voilà pourquoi je doutais, de vouloir continuer dans ce milieu si artificiel, où tout n’est que mensonge, manipulation, …

Ce qui me plaisait dans mes études, c’était de prouver que j’en avais dans le ciboulot. Au-delà des stéréotypes de la blonde, je suis toujours passée pour une petite fille, très jeune (étant de décembre j’ai toujours été la plus petite en âge, en taille …), et donc qui n’était pas forcément capable de réfléchir, d’avoir une réflexion mature et structurée. En plus, ayant des parents portugais je n’ai jamais eu un très bon langage, pas vulgaire mais familier. Et donc, tout le monde autour de moi ne me pensait capable qu’à exécuter …

Mes études m’ont permis de le démontrer et surtout de me le prouver à moi-même. Mais maintenant, quoi ? Est-ce vraiment ce que je veux ?

Aujourd’hui je veux être là pour ma famille, pas forcément une femme à tout faire : ménage, maison, rangement, courses, bébé … Mais juste être là pour m’occuper de ma fille et prendre le temps de réfléchir.

Cela va faire 3 mois que je suis arrêtée, mais 3 mois où je n’arrête pas. N’ayant pas l’habitude de faire quoi que se soit à la maison, il me faut un temps pour me ré-organiser et puis j’estime que ce n’est pas à moi de tout faire (mais ça c’est un autre débat!).

Cela va faire 1 an que je me cherche encore, que je me dit que ça se trouve, dans la précipitation de ma situation : continuer mes études, travailler pour gagner de l’argent, offrir la plus belle vie que je puisse à ma fille, j’ai peut être fait des mauvais choix. Je ne dis pas qu’il y a des métiers mieux que d’autres. Je me dit juste que ça risque d’être trop dur pour moi de choisir entre ma vie professionnelle et ma vie familiale. J’ai envie de trouver un métier qui me passionne et qui me permettrai d’être disponible pour ma vie de famille. Et ça c’est pas du gâteau… J’avais parlé que je voulais peut être être maîtresse des écoles parce qu’après tout les enfants, être avec eux, jouer, faire des activités, c’est ce qui m’a toujours plu … Mais j’ai tellement peur de décevoir … Décevoir ma famille qui me voyait déjà à la tête d’une agence de publicité, alors que ça n’a jamais été ce que je voulais.

Quand j’ai pris la décision de m’arrêter, ça a été dur. Je voulais vous en parler, mais en même temps j’avais peur. Peur des préjugés… Mais aussi peur de décevoir mes parents, qui m’ont toujours poussés à avoir de bonnes notes, à être une bonne élève… Pour au final lâcher mes études à un an de la fin… Aujourd’hui je suis heureuse d’avoir pris cette décision, mais maintenant la prochaine étape est de prendre LA bonne décision. Quel métier je veux réellement faire ?

En attendant mon père ne veut pas entendre … Il continue à parler de moi à tout le monde, à me dire de lui donner des cv et lettres de motivation … Il ne comprend juste pas que ça se trouve je ne veux plus faire ça. Et j’ai l’impression que ça me fout une pression supplémentaire. Tous les jours il m’appelle pour me dire j’ai vu un tel, qui pourrait d’apporter des possibilités de travail, et ce genre de contact c’est important pour toi … Mais j’en peux plus. J’ai juste envie qu’on me lâche une seconde avec tout ça. J’ai juste envie de profiter du moment présent. J’ai juste envie d’être tranquille pour réfléchir tranquillement. Profiter de ma vie, ma fille, prendre soin de moi…

Me poser les bonnes questions pour trouver (enfin) les bonnes réponses… »

Bisous, 

Joh’